Exposition du 24/11/16 au 08/02/17

An Ocean In Between The Waves

“Good art is experiential” Steven Parrino in the No Texts (1979-2003)

Né en 1984, Sylvain Croci-Torti est diplômé de l’Ecal en 2013 (Bachelor et Master) après avoir fait une formation de peintre en publicité. De cette dernière subsiste cet intérêt des diverses techniques d’impressions qu’il a apprises, dont il détourne les outils afin de peindre ses grands aplats, lui qui est aussi sérigraphe à ses heures.

Lauréat 2016 du Swiss Art Awards décerné par la Confédération suisse, Sylvain Croci-Torti rend dans son travail non seulement compte de la stricte matérialité de la peinture – ce qui pourrait être commun – mais surtout du geste qui l’accompagne.

Matérialité en ce sens que les constituants de la peinture sont là : toile tendue sur un châssis, peinture, éléments qui ainsi convoqués confèrent au tableau son autonomie dans cette atmosphère de fin de partie autour de la disparition annoncée de la peinture.

Le geste est constitué en imprimant littéralement une vitesse d’exécution sur la toile. Une toile est peinte en moins de dix minutes, contrastant au temps qu’il prend pour apprêter celle-ci.Dans un mouvement dicté par l’écoute continue de rock songs undergrounds américains (du MC5 à Kyuss, de Wooden Ships à Yob,…) dont la structure volontairement simple voire minimaliste, répétitive, mêlée à des sons de guitares électriques violemment constitués de “distorsion”, de “reverb” marquent cette nécessaire énergie dynamique, physique et jubilatoire que l’on ressent immédiatement dans l’étalement de sa peinture qui, contrôlée au départ, laisse finalement une part de hasard dans cet environnement radical.

Ces gestes débouchant donc sur des accidents aléatoires relèvent ainsi partiellement d’une influence de l’action painting américaine, dans son prolongement le plus obscur invoqué au milieu des années 90 par Steven Parrino ;  en effet l’artiste américain  – décédé en 2005 – grand inspirateur (et mythe…) de toute une génération d’artistes et d’amateurs, a voué, avec son attachement aux valeurs de la contre-culture américaine, sa volonté de faire de la peinture au sujet de la mort de celle-ci en se nourrissant  de cette entropie.

Car, Sylvain Croci-Torti n’est pas dupe de la limite avec laquelle il travaille en faisant de la peinture (avec une ironie teintée de respect) ; car les risques sont forts que l’on ne distingue pas la vigueur de sa proposition de celle émanant d’un simple exégète. Mais c’est cela qui rend son œuvre encore plus intéressante et diablement efficace : sa capacité de savoir jouer avec force et brio des conventions et de donner à la peinture, encore une fois, sa nécessaire attirance dans sa disparition qui lui est toujours annoncée.

liens presse:

https://www.letemps.ch/culture/2017/02/02/sylvain-crocitorti-couleur-seule?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article

https://www.letemps.ch/culture/2017/01/27/artgeneve-petite-foire-grand-spectacle

Artiste

SYLVAIN CROCI-TORTI

Vernissage

le mercredi 23 novembre 2016 à 18h

Sans Titre, 2016

peinture murale

190 x 150 cm

prix et devis sur demande

Exposition du 12/11/16 au 19/11/16

Artiste

FREDERIC GABIOUD, ARTHUR FOURAY, BAKER WARDLAW

Vernissage

le samedi 12 novembre à 18h

Arthur Fouray

Daniel (Eve Kendall), 2016

métal, vis, bois, acrylique sur toile

120 x 80 x 75 cm

 

Frédéric Gabioud

Capp, 2016

acrylique sur bois

63 x 30 cm

 

 

Baker Wardlaw

Increasinlgly complex energy systems, 2016

rouille sur toile

rouille sur toile

190 x 190 cm

 

Arthur Fouray

Kasimir I, 2016

oreiller, acrylique sur toile, agrafes

58 x 58 x 15 cm

Exposition du 22/09/16 au 22/10/16

3 6 0 °

SF & COF

A : j’écris parfois sur mes tableaux, des titres, des jeux de mots c’est une branche de ma prAtique.

B : je ne suis pas la seule, c’est une longue histoire qui se développe dans tout le 20ème siècle et perdure aujourd’hui dans le travail de nomBreux artistes, de générations différentes.

C : ce qui m’intéresse principalement c’est la surface, le tableau comme une page, et l’octroi d’un “quoi” peindre ouvert à une multitude de possibles: l’écart entre le mot, la façon dont il est peint, comment il s’inscrit sur le tableau, le sens qu’il Convoque, ces questions interrogent les problématiques de la représentation, de nouvelles investigations et résolutions sont possibles.

D : l’idée de construire une exposition a pour Déclencheur le désir de voir un ensemble de peintures autour de l’écriture, du mot, injonction, onomatopée. c’est en premier lieu un questionnement autour du tableau, avec quelques incursions du coté du dessin, de la photographie, et de l’installation.

E : ouvrir un champ de liberté d’esprit, notamment dans l’ambigüité visible-­‐lisible. agencement et Enchaînement des mots et des phrases inscrits sur la surface.

F : le langage comme Forme et la forme comme langage, quelque chose lié à la traduction, une observation/audition que j’emprunte souvent au réel. le quotidien comme point de départ.

G : écart entre la source et la peinture, grand écart entre le “comment peindre” et le “quoi” peindre, c’est du mixage ou encore du collaGe.

H : ce qui m’intéresse c’est le contraste entre un fond travaillé à grande vitesse et une écriture appliquée, pour d’autres l’écart entre la gravité d’un monocHrome, d’un fond décoratif, et la trivialité du quotidien.

I : contraste du fond et de la forme, Inévitable.

J : dans ta “simplification/synthétisation”, on peut lire et regarder en même temps, images comme des mots, mots comme images, une sorte de Jeu. K : cette dimension réflexive n’empêche en rien la gravité et le sérieux mais….sans se prendre au sérieux.

K’en penses-­‐tu ?

L : j’en pense que le tableau est vraiment un miLLefeuilLLe.

M : « I never read, I just look at pictures. » Mot/phrase trouvé d’un célèbre artiste.

N : les mots font partie de notre paysage meNtal, et quand je peins des lettres, d’une manière ou d’une autre, j’ai le sentiment de questionner la réalité de façon plutôt concrète.

O : je pense que les mOts constituent une sorte de fiction collective bien que nous les utilisions pour raconter différentes histoires…

P : j’essaye de voir les lettres comme des formes, une tyPographie comme forme trouvée. elle a toujours un nom propre : arial, colibri, times etc.

Q : je cherche à solliciter l’attention sur les significations assez variables d’une forme, d’un mot, d’un motif Quelconque.

R : je trouve généralement les motifs que je peins par hasard, dans le quotidien, toute sorte de sujet m’intéresse : un emballage, une affiche, une chanson, un tableau vu dans un musée, dans un livre… tout ce qui peut arrêter mon regard ou mon ‘oreille au moment où je suis. Je m’intéresse aussi à la manière dont on peut refaire ce que l’on a vu, Réécrire ce que l’on a lu et ou entendu. Mais c’est par le tableau, par le travail de la peinture, que je réunis ces sujets et qu’ils deviennent des sujets de peinture (comme dans un journal).

S : nouS parlons de ce que nous faisons donc du tableau, et par conséquence de la peinture.

T : le regardeur c’est moi la plupart du temps, aussi bien pour mon travail que pour celui des autres, le Tableau s’adresse à moi dans un premier temps , et c’est ce qui préside à sa réalisation, c’est un célèbre artiste qui disait “ je continue à faire des tableaux car j’ai envie de voir l’image que j’ai dans la tête”.

U : le regard des autres est absolument indispensable, son jUgement nous échappe…

V : direct, concentré et frontal nous ne pouvons pas échapper au 1er rang deVant l’écran, je préfère penser que c’est le tableau qui parle, d’ailleurs, mes tableaux n’ont pas de titres, mais des noms, comme pour une personne.

W : écrire sur le tableau me semble une “ruse” de l’esprit qui slalome entre une figuration que je qualifierais de régressive, pleine de bons sentiWents, de culpabilité et de pathos, et une abstraction trop élégante, sérieuse , bien pensante. le peintre aujourd’hui doit ruser, faire un bon tableau a toujours été difficile. « La figuration et de l’abstraction est un faux problème, … un tableau est toujours une image d’un tableau. » célèbre artiste.

X : les tableaux comme des interrogations, des questions, aussi sur sa propre eXistence.

Y : ReadY made, n’est ce pas ?

Z : un autre célèbre artiste : « l’expérience viZuelle de la peinture [devrait être] une expérience unique… aussi unique que la rencontre que l’on fait avec une personne, un être vivant. «

Artiste

Camila OLIVEIRA FAIRCLOUGH et Sylvie FANCHON

Vernissage

le mercredi 21 septembre à 18h

150 FEUILLES, 2016

 

SF, 2016

 

Exposition du 25/05/16 au 30/06/16

peintures murales, gouaches et sérigraphies

La peinture et le mur :

“Je peins comme si je peignais un mur”. Dix ans après que Christian Floquet l’a formulée, non seulement l’affirmation reste toujours valable, mais l’évolution de son oeuvre ne cesse de montrer comment le peintre a su se donner les moyens, toujours plus radicaux, d’en maintenir le niveau d’exigence. “Je peins comme si je peignais un mur” ne fait pas seulement référence aux caractères immédiatement visibles de cette peinture, l’anonymat de la facture, les aplats sans matière, mais en révèle plus profondément un des principaux enjeux : non pas tant peindre un mur que construire ce mur, édifier devant le regard une paroi opaque qui redouble celle du mur ou qui s’y identifie. Il ne s’agit pas moins ici que de restaurer le tableau dans une sorte de complémentarité constructive avec le mur (et non pas dans sa dépendance, ce qui exclut la peinture proprement murale) et de profiter du mur pour affirmer l’indépassable présence physique du tableau. Par la peinture imposer le tableau dans l’espace réel comme l’architecte y impose le mur, et sans craindre même d’y faire violence. Que le tableau fasse obstacle, et que l’on ne puisse s’y dérober.

Si le paradigme du mur joue aussi bien en face d’un dyptique monumental que d’un simple carré de cinquante centimètres de côté, ou bien encore devant les grands tableaux horizontaux de ces derniers mois, c’est qu’il ne tient pas seulement au choix des formats – souvent à l’échelle du mur en effet – mais à une conception qui prend en compte l’ensemble des conditions matérielles nécessaires à l’exercice de la peinture : matière et support, couleur, ligne et forme.

(…)

Arnauld Pierre

 

lien presse:

http://www.bilan.ch/etienne-dumont/courants-dart/peinturechristian-floquet-abstrait-geometrique-sensible

Artiste

CHRISTIAN FLOQUET

Vernissage

le mercredi 25 mai à 18h

Exposition du 17/03/16 au 03/05/16

ON STAGE

Artiste polymorphe, intervenant aussi bien dans les domaines de la peinture, des collages, des installations, de la musique et de la vidéo, Dominik Stauch présente à la galerie Joy de Rouvre On Stage, une série de peintures murales qui se déploie sur les murs comme un décor de scène de théâtre. On Stage, c’est aussi une référence à la musique ; grand fan de rock et musicien lui-même, Dominik présente également ses peintures murales comme une partition musicale.

Deux sérigraphies, tirées chacune pour l’exposition à 15 exemplaires, reflètent son travail pictural inspiré de collages cubistes, du rodéo des westerns spaghettis.

Quant à la vidéo, Looking for Richard, terminée en 2014 après plus de trois ans de travail, elle met en scène toutes les facettes de son travail en suivant la trame imposée par « l’Accord de Tristan », le 1er accord de l’opéra de Wagner Tristan et Isolde. En référence au concept wagnérien de « gesammtkunstwerk », œuvre d’art totale, Dominik Stauch associe plusieurs techniques, disciplines et médias pour créer en 7 tableaux son « opéra personnel ».

Abhorrant Wagner au premier abord mais s’y plongeant pour faire plaisir à un ami, Dominik nous entraîne dans son univers et finalement lui rend hommage sous un œil critique qui reste toutefois bienveillant.

Artiste

Dominik STAUCH

Vernissage

le mercredi 16 mars à 18h

Composition for three Circles and one Guitar, 2012

Collage, acrylique et impression jet d’encre

40 x 28,5 cm

chf 2’200.-

Exposition du 27/01/16 au 01/03/16

1 9 8 6

(«le monochrome n’existe pas, je fais de la peinture»)*

Exactement 30 ans après son exposition en 1986 au Centre d’Art Contemporain de Genève et durant la même période (du 27 janvier au 1er mars), un tableau rouge monumental d’Olivier Mosset (213 cm x 637 cm) est à nouveau montré à Genève.

Présentée, à l’époque, avec 5 de ses nouveaux travaux (des toiles à composition géométrique bi-couleurs qui rompaient d’un coup la série des tableaux monochromes d’Olivier Mosset), cette grande peinture rouge n’a cependant pas été illustrée dans le catalogue édité à l’occasion, la substituant au regard de celui qui ne se serait pas rendu à l’exposition d’alors. Était-ce pour privilégier uniquement l’iconographie du nouveau travail ? Était-ce parce-que cette toile n’avait pas été spécifiquement peinte pour cette exposition ? Ou pour d’autres raisons ?

Peu importe, car trois décennies après, voici désormais cette peinture accrochée, lui donnant ainsi une nouvelle possibilité d’être vue, d’être regardée et d’exister dans un contexte différent (un autre espace, un autre temps), accompagnée d’un travail de la même série de la même époque (60cm x 60cm), mais de dimensions bien plus modestes.

Avec le souci d’Olivier Mosset de reproduire une œuvre d’art comme absence d’évènement, de rejeter toute composition, tout esthétisme qui puissent donner prise à une lecture, de refuser toute notion d’autorité revendiquée généralement par les artistes – ses nombreuses collaborations avec d’autres plasticiens constituent un exemple à cet égard – prend corps sa quête de l’objet spécifique qui est toile, châssis, peinture, couleur n’assumant ainsi rien d’autre que sa propre présence physique.

Né à Berne, installé successivement à Paris, New-York, et désormais Tucson en Arizona, Olivier Mosset démontre que la signification de l’œuvre d’art n’est pas seulement dans son mode de fabrication ou de production, mais également dans la manière dont elle est perçue, interprétée et intégrée.

Pour l’exposition est éditée une sérigraphie (film still) en édition limitée à 12 exemplaires, tirée de la vidéo tournée en 2015 à Tucson par Mathilde Agius à l’occasion de l’obtention par Olivier Mosset du Grand prix suisse d’art/prix Meret Oppenheim.

*entretien entre Joël Lechaux et Olivier Mosset (1983)

Nota : la galerie tient à remercier spécialement Monsieur JS et Madame CS pour la mise à disposition de la toile, et Pierre-Henri Jaccaud de la galerie SKOPIA

Artiste

Olivier MOSSET

Vernissage

le mardi 26 janvier à 18h

Olivier Mosset

Sans Titre, 1982

acrylique sur toile

213 x 637 cm

Olivier Mosset, Mai-Thu Perret et Mathilde Agius

Sans Titre, 2016

sérigraphie sur papier, édition de 12 exemplaires