STRESS TEST

Guillaume PILET

STRESS TEST – ou test de résistance – propose une réflexion sur la définition de la peinture et de l’acte de peindre. La résistance du médium et, intrinsèquement du signifié à travers le temps, témoigne de flux sémantiques variables pourtant inscrits au référent. Si une peinture se définit par elle-même et que la finalité de l’acte est, par conséquent, la définition de celui-ci, nous ne sommes pas face à une forme de résistance du médium mais davantage face à une existence en tant que telle. Les considérations sur le goût, passées dans l’usage de nos jours, ponctuent la signification subjective, externe à la surface peinte. Guillaume Pilet, en exploitant l’autonomie du médium, approfondit ses facteurs de définition. La jeunesse, la formation, la palette alimentent la théâtralité que l’artiste met en scène pour nous représenter la peinture. Le geste devient primordial, décliné au travers de plusieurs médiums. La peinture est aussi une mise en image de sa propre histoire, forme d’articulation entre un univers personnel et des questionnements fondamentaux. Narrations et fictions qui y sont associées sont autant d’intrigues et de récits matérialisés dans l’espace. L’exposition devient performative, dans cette mise à l’épreuve et mise en scène de la mythologie de l’auteur. Elle produit alors une pluralité de discours mais aussi du sens. Guillaume Pilet nous propose de questionner « une cartographie des savoirs autorisés », dans notre rapport à l’objet, placé au coeur d’une institution du regard, en actualisant cette déclinaison « du peindre » qui lui est propre. C’est à travers une démarche dialectique entre la pensée et la matérialité, entre le guider et se laisser guider, que les oeuvres deviennent des objets de connaissances privilégiés.

Julie Lang et Jean-Rodolphe Petter

… donc le titre de l’exposition, je l’ai choisi pour sa sonorité autant que pour sa signification… qui sauf erreur se traduit « test de résistance » en français et s’utilise dans un contexte économique… … je l’ai pris comme une façon de lire mon travail de peinture (puisque l’exposition est très picturale) – et comme si chacune de mes peintures interrogeait sa propre résistance à l’histoire et aux références – autant que la résistance du spectateur à la forme picturale. … aussi parce que je suis retombé sur une interview d’il y a dix ans où j’affirmais que chaque peinture que je terminais était un manifeste… et j’espère avoir maintenu ce programme et cette radicalité. …dans cette exposition, les motifs des toiles et ainsi leurs compositions résultent d’un procédé de « tie and dye » donc littéralement la toile est travaillée comme un volume en quelque sorte — et pour la peinture murale et les sérigraphies; le motif de vague que j’emprunte à l’op art joue sur un effet de volume rendu sur le plan en alternant des lignes fines et épaisses… … mais j’en restitue une version très intuitive, peinte à la main, où le motif dans sa progression et sa déclinaison m’échappe et m’impose son rythme — j’aime l’idée d’une démarche assez stricte qui se retourne contre moi un peu comme les pois des peintures qui sont placés de façon assez aléatoire — c’est une forme de test de résistance à mon propre statut d’auteur..? … et un truc assez drôle : il y a une un faisceau de références évident qui se resserre sur les années 60/70 — entre le batik et le motif psychédélique — et je ne sais pas vraiment quoi en faire honnêtement… mais le batik appartient au vocabulaire de ma pratique artistique depuis ma première exposition d’abord comme alternative à la peinture murale — très pratiquée à l’ECAL à l’époque— se référant à un artisanat considéré comme moins noble. … j’aime l’idée que chaque peinture soit une définition de la peinture.

Guillaume Pilet

Date

Du 23/03/18 au 05/05/18

Vernissage

le jeudi 22 mars dès 18h

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